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Vivre avec la main d’un homme mort

Il y a quelques jours, j’ai été contacté par un Ronan Quarez, un jeune écrivain qui vient d’écrire son premier roman (à ma connaissance) qu’il définit lui même comme un “polar mathématique”. Etant donné que l’intrigue se déroule autour d’un tournoi de poker, il a pensé que ça pourrait intéresser mes lecteurs et faire un peu de pub au passage. Alors je lui ai proposé de m’envoyer un extrait pour vous le faire découvrir et vous donner envie d’aller plus loin. Ecrire un bouquin est une putain de gageure et si je peux aider à faire connaitre ce jeune auteur à mon petit niveau, ce sera déjà ça :)

Chapitre 1 : Qu’un seul jeton vous manque et tout est dépeuplé

Le Casino de Deauville n’a pas connu pareille affluence depuis l’excursion annuelle de la fédération des EHPAD du Calvados. Mais cette fois-ci, les machines à sous ne sont pas à l’honneur. Les mamies manucurées ont cédé la place à des quadragénaires dégoulinant de testostérone qui ne jurent que par le No limit Texas Hold’em : la Rolls Royce des jeux de poker.

La salle principale ainsi que les salons annexes ont été réquisitionnées pour entasser cent douze tables de jeu. Au total, ce sont mille onze participants qui ont acquitté chacun un droit d’entrée de cinq mille euros. Une fois déduite la part du casino, les lauréats pourront se partager la rondelette somme de 4 549 500 euros de gains cumulés.

« Alors Pierre : c’est le grand jour, n’est-ce pas ? »

Le longiligne quinquagénaire en blazer de lin ne prend pas la peine d’attendre une réponse venant de son interlocuteur aux épaules puissantes.

« N’est-ce pas incroyable que de se retrouver pour ainsi dire dos à dos ? « 

Reynald Dalloz domine de presque deux têtes Pierre Gévaudan qui le suspecte d’accentuer encore le différentiel en optant pour des semelles talonnettes.

« Peut-être avez-vous noté aussi que Huguette est installée à peine sept tables de nous, du côté de la scène ? »

Gévaudan ressent toujours le même malaise face à la dentition parfaite d’un Dalloz qui sourit à pleine bouche.

« À peu de chose près, nous aurions pu être affectés à la même table : ce qui aurait été un comble ! »

Quatre fois par an, Pierre Gévaudan retrouve le procureur de la république Reynald Dalloz et Madame la sous-préfète Huguette Destalle ainsi que quelques autres invités qui partagent tous la même passion pour le poker. À l’entame de chaque saison, Madame la sous-préfète organise à son domicile une soirée privée sous les hospices de la courtoisie et du Texas Hold’em. Il aurait donc été pour le moins frustrant de s’inscrire à un tournoi international comptant plus d’un millier de joueurs venant des quatre coins du monde pour se retrouver à la même table que ses partenaires habituels !

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Face aux deux monstres du poker que sont Dalloz et Destalle, l’ex-commissaire Gévaudan ne sait rivaliser que sur le terrain des probabilités. Friand d’énigmes et de calculs en tout genre, Gévaudan peut décider dans la seconde qu’il est préférable d’avoir en main 9♥·9♦ plutôt que J♦·K♣ ou que A♥·10♦ l’emporte le plus souvent sur 7♥·7♣. Un talent qui lui permet de briller dans les poker rooms qui fleurissent sur Internet, lui assurant ainsi plusieurs centaines d’euros de gains hebdomadaires. Mais les difficultés surviennent avec les conditions réelles.

Gévaudan n’est pas naturellement armé pour aborder le passage du virtuel au réel.

C’est une chose que d’estimer ses chances de succès face à 1080×780 pixels lumineux, c’en est une autre que de se confronter au regard inquisiteur de ses adversaires. Comment rester de glace quand les jetons brûlent les doigts ? Comment ralentir sa respiration dans un bluff mal embarqué ? Comment masquer ses doutes après plusieurs revers consécutifs ?

L’arme principale des grands prédateurs n’est pas la taille de leur mâchoire mais la peur qu’ils inspirent.

La suite suite ICI

TheKing

Passionné de poker et d'internet depuis plus 10 ans, je suis le fondateur de pokerbastards.com et j'aime recevoir des tonnes de compliments alors n'hésitez pas à me contacter ou à me suivre sur les réseaux sociaux.

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