Il existe deux sortes de joueurs de poker…

Il existe 2 sortes de joueur de poker et non, il ne s’agit pas du fish et du shark. De toute façon, aussi gros shark que vous soyez, vous serez toujours le fish de quelqu’un. Je ne parle pas non plus du style de joueur, il en existe bien plus de 2. Je ne distingue pas selon qu’il s’agisse non pus d’un joueur ou d’une joueuse. Dans mon monde, c’est pareil, à quelques organes génitaux près.

Les deux sortes de joueurs dont je parle sont:

  1. les récréatifs-qui-s’en-balancent (ou “don’t give a shit”)
  2. les amateurs-qui-veulent-progresser (ou “wanna be better”)

Comme souvent lorsqu’il s’agit de découvertes capitales, la révélation m’est apparue dans un endroit incongru mais également source de perpétuelle ébullition cérébrales: le cabinet d’aisances (les chiottes quoi).  Et plus exactement en lisant les dernières pages stratégiques du magazine de poker52.

Comme tous les mois, poker52 laisse quelques pages au site pokerstrategy pour aborder des questions techniques plus ou moins difficiles. Alors que le lisais donc la dernière page sur le facteur bulle dans les différents sng, je réalisais que la matière n’était pas très agréable, loin du fun qu’on attribue généralement au poker. Ça parle chiffres, statistique, cote, probabilité en fonction de facteurs eux mêmes variables comme le nombre de joueurs, la taille des stack  etc.  Pour résumer: c’est chiant. Quand je lis ce genre d’article, j’ai l’impression de replonger au lycée en cours de math. Et je peux vous dire que j’étais du genre à être près du radiateur. Pourtant, je potasse, car j’aime le poker et j’ai le désir de progresser.

Mais c’est là où je veux en venir. Beaucoup de joueurs – et personne ne peux les blâmer – s’en tamponnent le coquilliard de progresser. Ils n’ont pas envie de se taper des ICM à calculer (ou autres considérations numériques). Ils veulent jouer. Il veulent vibrer. Ils veulent prendre du bon temps, infliger des bad beat 1 outer, et éventuellement gagner de l’argent. Ils ont leur budget jeux et sont près à investir comme ils investiraient dans un euromillion. Et franchement pourquoi pas. Chacun est libre de faire ce qu’il veut.

Mais bien sûr ça n’arrange pas du tout l’autre catégorie de joueur. Car fasse au joueur récréatif, inutile de mettre en place des stratégies un peu complexes. Inutile de se demander pourquoi il a payé votre 4 bet UTG puisqu’il y fort à parier qu’il ne sait pas ce que dire 4bet et UTG. Il n’a pas de notion de sizing, peut vous envoyer 3 barrels d’une BB ou vous dire qu’il avait raison de payer jusqu’au bout puisqu’il a touché un des 2 outs et vous a destacké.

Bref, vous m’avez compris. On ne peut rien contre ces joueurs. Le piège serait de croire que vous avez un edge sur eux. La seule chose que vous avez, c’est les probabilités de gagner sur un grand nombre de mains. Il faut donc soit faire en sorte de jouer le plus souvent possible à leur table pour compenser les coups de variance, soit alors quitter la table, en courant!