Le poker est une maitresse… sadique et dominatrice!

Je ne sais pas comment j’ai pu passer à côté pendant toutes ces années! Cela m’a frappé hier alors que je jouais sur une table de NL100 short-handed sur full tilt poker. Laissez-moi vous raconter rapidement le coup: Je suis UTG et je limp avec [8s 6s]. Le cut-off relance et je call pour voir le flop. [Kh 5s 7s]. C’est beau. Je prévois un check/raise et c’est exactement ce qui se passe…. sauf que mon adversaire revient en 3bet – même pas peur, je le 4-bet allin. Il tank le bougre et finit par payer avec [Ad Ks]. Le turn clôt définitivement le débat puisque c’est un [4s] qui me donne une quinte flush.

La maitresse poker m’avait récompensé. Une caresse douce et chaleureuse. Mais avant cela elle m’avait fouetté avec des orties – j’ai même bien cru sentir ma chair se déchirer sous quelques tiges de ronces: une quinte max floppée, raise, 3bet, allin et une river qui donne un full à mon adversaire, ou bien un set vs set sur flop et j’en passe… autant de bad beats ou mauvaises rencontres qui font mal, même si avec le temps, il faut bien avouer qu’on finit par s’accoutumer.

Un peu plus tard dans la soirée, alors que dans un élan d’optimisme je tentais le midnight madness (toujours sur fulltilt), je me pris une claque  – busted en 11eme position sur 230 au départ – alors que j’avais fait un parcours sans fautes (c’est rare). Histoire de martyriser mon âme, annihiler toute velléité, j’ai sauté sur un bad beat. Mes [Qc Qh] m’ont fait espérer jusqu’au bout face au call médiocre d’un tapis à peine plus gros que le mien avec [Ad 4s]. L’as est tombé sur la river. Sans lui, je passais CL et m’envolais pour le heads-up…

Mais demain maitresse poker me récompensera de nouveau. Elle infligera de cuisant bad à mes adversaires, me faisant croire que je suis son préféré, l’élu… jusqu’au prochain coup de fouet. Un sadique ne se comporterait pas autrement pour asservir et rendre dépendant son esclave.

Finalement, on touche peut être ici à la source de l’addiction. Je ne me considère vraiment pas comme un masochiste, pourtant, je courbe l’échine et j’en redemande. Toujours avec l’espoir du Résultat – avec un grand R (et un gros chiffre) – mais tout en sachant que j’ai plus de chance de me prendre un méchant coup de gourdin. Maso malgré moi. Maso malgré vous.