Les clubs de jeux devraient débarquer dans la capitale à partir de janvier 2018. Le dépôt des candidatures s’amorcera à partir de septembre 2017. Plusieurs casinotiers seront certainement candidats. 

A Paris, il n’existe actuellement qu’un seul lieu pour jouer légalement au poker : le Cercle Clichy Montmartre, dans lequel notamment se joue la finale du winamax poker tour. Une offre aujourd’hui largement sous-dimensionnée par rapport à la demande dans une agglomération comme Paris. Plus de 10 millions d’habitants et des millions de touristes chaque année ! Les parties clandestines ont eu tendances à se multiplier ces derniers mois.

Le législateur a tenu compte de cette situation, même s’il y a eu une certaine inertie avant que le dossier soit traité. Ça va donc changer ! Un décret paru en mai 2017 vient de détailler le fonctionnement des futurs clubs de jeux parisiens qui verront le jour à partir de janvier 2018. L’identité des futurs acteurs sur ce nouveau marché n’est pas encore connue mais plusieurs géants du secteur des casinos vont certainement se positionner. Histoire d’avoir un pied à Paris, en attendant une évolution de la loi, avec l’introduction de machine à sous. Le rêve des casinotiers !

Le cercle Clichy Montmartre / Copyright Julien Tissot

Les futurs clubs de jeux, qui seront testés à titre expérimental pour trois ans, seront des sociétés soumises à des obligations strictes comme les casinos. Le ministère de l’intérieur se méfie de ses futurs clubs. Par le passé, plusieurs cercles ont été fermés suite à une gestion frauduleuse comme le Cercle Cadet ou le Cercle Wagram. Les nouvelles règles seront plus strictes en matière de gestion et de contrôle.

Le Clichy Montmartre a déjà indiqué qu’il allait se transformer en club de jeux. L’établissement est aujourd’hui l’épicentre de la planète poker à Paris et même en France. Il accueille chaque année plusieurs festivals de poker organisés avec un grand professionnalisme. Il a lui même appelé de ses vœux une évolution du cadre réglementaire et une concurrence pour permettre un meilleur dynamisme du secteur du jeu.

Alors quels seront les futurs jeux autorisés dans ces établissements ? Eh bien, le poker, le baccara ou encore le mah-jong mais pas de roulette. Les clubs pourront proposer des paris hippiques opérés par le PMU ou des jeux de hasard et des paris sportifs de FDJ. Les candidats à l’exploitation de ces établissements peuvent déjà déposer leur dossier qui sera examiné d’ici la fin de l’année.

Les paris hippiques et sportifs seront aussi autorisés. Ici, une salle de paris à Las Vegas.

Pour le moment la fiscalité de ces établissements n’a pas été précisée. Selon le site pronoracle, la fiscalité pourrait être adaptée et différente de celle des casinos. Elle sera essentielle pour certains acteurs. «La fiscalité pour ces établissements n’est pas déterminée, ce qui changera tout sur l’équilibre économique des clubs », explique au Figaro, Fabrice Paire, président du directoire de Groupe Partouche. Malgré cette incertitude, les géants du secteur devraient se positionner pour ouvrir des clubs. En effet, le potentiel de Paris avec son bassin de population et ses millions de touristes annuels fait rêver ! Le site pronoracle (encore lui) vient de réactiver plusieurs pistes quant à l’emplacement de ces futurs clubs. Sous le Fouquet’s pour Barrière ou à la place du Laurent, un restaurant chic près des Champs Elysées. Mais cela semble peu probable. Ces rumeurs circulent déjà depuis plusieurs années.

Le Laurent , futur club ?

« Être présent à Paris quand on est un des leaders du marché français est important, souligne Fabrice Paire. Nous ouvrirons un ou plusieurs clubs de jeux, sauf si la fiscalité est dissuasive. » Joa et Groupe Tranchant, regardent aussi avec attention le dossier. Début juin, le président du directoire de Joa, Laurent Lassiaz, a visité des locaux à Paris pour un éventuel club. « Un établissement de plus de 1 000 m2 avec 100 à 150 salariés ouvert de 16 heures à 4 ou 5 heures du matin », explique-t-il au quotidien le Figaro. Une indépendante, Frédérique Ruggieri, notamment du casino de  Gujan-Mestras, une place forte du poker, planche aussi sur le dossier. Elle l’avait d’ailleurs annoncé dans un article paru dans LePoint.fr

Laurent Lassiaz, dirigeant de Joa, entend se positionner !

Barrière devrait aussi entrer dans la danse ! « Nous attendons de connaître la fiscalité pour prendre notre décision définitive, affirme Dominique Desseigne, PDG de Groupe Barrière. Mais, a priori, cela a du sens pour nous d’ouvrir un ou plusieurs clubs de jeux à Paris. Plutôt dans les quartiers cossus comme le VIIIe arrondissement. » Une source proche du dossier, contacté par PokerBastards, indique de manière certaine que Barrière prospecte déjà plusieurs lieux dans Paris.

Autre incertitude, la place du poker dans ces futurs clubs. Il n’est pas du tout évident que ces futurs clubs proposent tous du poker. Ce jeu n’est pas le plus rentable et très coûteux en personnel.

Plus inattendu, deux géants du jeu : FDJ et le PMU regardent le dossier. « Aucune position n’est arrêtée à ce sujet, affirme-t on chez FDJ. Pour l’instant, nous regardons toutes les éventualités. » PMU aimerait aussi s’associer à un partenaire pour participer à l’ouverture d’un club. Le dossier est à l’étude. A terme, selon plusieurs observateurs, il devrait y avoir à Paris, entre 5 et 10 clubs.

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