100 balles et un Nuts!! 1ère partie

Je vous brosse le tableau, vous êtes confortablement assis dans votre canapé moelleux, devant vous votre télé écran large HD, ce soir un match de ligue des champions, toutes les conditions sont réunies pour passer une bonne soirée, toute sauf une. Une boisson bien fraîche évidemment.

Là d’une voix roque et bien masculine (pour ne pas dire macho) vous interpellez votre douce compagne « chérie apporte moi une bière fraîche s’il te plait » la réponse est cinglante, bref et concise « tu veux pas cents balles et mars ?!?! ».

Je suis sûr que cet exemple vous parle. Alors qu’avec un peu plus de finesse et de tact vous auriez sans doute pu arriver à vos fins.

On peut facilement transposer cette situation avec le poker.

Vous êtes assis à une table, avec une paire de 9 en mains et la turn dévoile un second 9 sur le tableau. Ce qui vous donne à présent rien de moins q’un carré. Là votre veine jugulaire fait des bonds, une grosse goutte tombe de votre front et vous tapotez tellement du pied que même sans sismographe on imagine aisément l’épicentre d’un prochain séisme dans vos alentours. Qu’importe votre prochaine mise, vos adversaire on vu votre état et se couche en prononçant une phrase cinglante, bref et concise :

«Tant qu’on y est, tu veux pas cents balles et un Nuts !!! ».

Hors c’est incontestablement le genre de situation que l’on veut éviter lorsque l’on a un jeu énorme si ce n’est le NUTS !!! Imaginez-vous avec un Full max, une couleur max où encore le rêve de tout joueurs la Quinte Flush Royal et de ne pas être payé par un joueur qui possède un jeu potable.

Pour info la traduction du terme anglo-saxon NUTS pourrait se traduire en français par « dingue », c’est-à-dire que si vous posséder en main une paire d’As et qu’au flop il apparaît A-A-K, vous possédez un jeu de dingue !!! Je suis sûr que cet exemple est parlant et que vous saisissez mieux maintenant.

Avoir un Nuts est donc plaisant, mais encore faut-il trouver un adversaire pour se faire payer, car nous sommes d’accord avec le fait que de ne pas trouver de joueurs qui suivent lorsque l’on possède un jeu max est frustrant et énervant.

Ensuite lorsque vous vous ferez payer par un adversaire jusqu’à la river et jusqu’à l’abattage des cartes voilà les 2 solutions possibles :

Il arrivera bien souvent qu’un joueur vous suivent jusqu’au bout et qui devant votre couleur à l’As, laissera apparaître une mine totalement déconfite en abattant une couleur au Roi, gagner ce genre de coup et agréable financièrement, mais il faut bien avouer malchanceux pour votre adversaire, je suis sûr que cela vous est déjà arrivé de perdre avec le second jeu du tableau contre le Nuts. Dans ces moments là, la phrase que l’on se répète est que l’on a joué de malchance et ce n’est pas faux dans beaucoup de cas.

Par contre se faire payer une relance à la river, par un adversaire qui tout sourire abat une paire touché au flop pensant qu’elle suffirait à battre votre jeu, (car il vous voyait sur un tirage ou en plein bluff) vous laissera un sentiment plus agréable car vous aurez sans aucun doute réussit à tromper votre monde à la table, en donnant une fausse image de vous et vous aurez réussit à dissimuler un monstre.

Et pour en arrivée là il vous faudra être un bon stratège.

Il vous faudra en quelques secondes analyser de nombreux paramètres et prendre les décisions qui s’imposent. Le résultat finale est évidemment de doubler (voir tripler ou +) son tapis, cela voudra dire que vous avez tiré le maximum de ce coup.

Évaluer l’image votre image à la table.

Depuis combien de temps jouez-vous sur cette table ? Votre image est plutôt celle du joueur serré, large, agressif, êtes-vous la calling station de la table ? Les joueurs vous craignent ils ?

Tout d’abord n’oubliez pas que vous ne reflétez pas la même image à chaque joueur de la table, peut-être que les joueurs agressifs vous prendront pour une serrure alors que les joueurs serrés vous prendrons pour un joueur agressif seulement parce que vous jouez plus de coups qu’eux.

Trouver quelle image vous reflétez à une table en fonction de la manière dont les joueurs abordent les coups avec vous. Leur approche est-elle différente de celle qu’ils ont avec d’autres joueurs à la même table, est ce qu’ils vous relancent ? Vous suivent ? Ou bien est-ce qu’ils check ?

L’appréciation de ces faits de jeu seront différemment interprété selon le profil de vos adversaires (le poker serait trop simple sinon).

Par exemple :

  • Un joueur agressif qui mise au Flop, Turn et River pourrait vouloir dire qu’il est en continuation bet.
  • Un joueur serré qui mise au Flop, Turn et River veut sûrement dire qu’il a au moins touché un jeu sur le Flop (ou une paire en main)

Est-ce que l’on vous parle ? Est-ce que des questions vous sont posées ? Si oui amènent-elles une réponse obligatoirement ou sont elles seulement posées pour observer vos réactions ? (Question ouverte, question fermée)

Une question ouverte amène une réponse développée “que vas-tu faire avec un flop pareil ?”, alors qu’une question fermée amène une réponse simple “cet as t’arrange ?”.

Par exemple :

  • Dans un coup votre adversaire prend la parole « Cela fait maintenant 2 heures que je joue et je commence enfin à avoir du jeu» là votre adversaire n’attend pas forcément une réponse de votre part, cette phrase lui servira à jauger votre réaction (question fermée). Même si ici ce n’est pas une question qui vous est posée, il n’y a pas réellement de différence car votre réaction sera prise comme une réponse pour votre adversaire.
  • Dans un autre coup un autre adversaire vous dit « qu’est ce qui t’arrangerai à la turn ? » ici il attend manifestement une réponse de votre part (question ouverte).

Ne négligé pas l’aspect que vous reflétez à une table, en effet vos gestes, paroles, façon de se tenir et encore pleins d’autres choses influence parfois la décision finale des joueurs.

Un conseil utile : filmez-vous pendant une partie, puis repassez vous la vidéo. Vous noterez j’en suis sur des détails sur les comportements des joueurs que vous n’aurez surement pas vus et avant tout observez vous, car vous verrez un maximum de choses que vous ne pouvez évidemment pas voir (vos postures, votre manière de miser vos jetons, vos prises de paroles, ect…).

Evaluer le profil des joueurs dans le coup.

En récapitulant toutes les informations recueillies à la table, vous devez classer vos adversaires en catégorie. (De la même manière que vous l’avez fait pour déterminer votre image) et ajuster vos prises de parole en fonction de leur style.

Contre des joueurs au profil « serrure » (serré) il vaut mieux essayer de leur laisser la main, ne pas trop les relancer et aussi une bonne solution pour les garder le plus longtemps possible en jeu, car ce genre de joueurs ne joueront pas souvent une paire qui n’est pas la max sur le flop. Au cas où ils joueraient un tirage, le nombre d’outs leur est primordial et à moins d’avoir 1/3 du paquet comme cartes gagnantes ils ne paieront que rarement vos relances trop élevées. Avec ce genre de joueur c’est à vous de décider si le coup doit s’arrêter où pas, quand il vous suivra et/ou relancera il y aura de forte chance pour qu’il est touché ce pourquoi il est venu, alors prenez garde.

Contre des joueurs « larges » (agressifs) vous avez plusieurs possibilités, soit leur laisser la main et suivre leur mise sans hésitation, il ne sera pas rare que ces mises augmentent au fur et à mesure, le but étant souvent de vous faire lâcher prise mais finalement elles vous conviennent car elles augmenteront indéniablement le pot donc l’enjeu. Soit vous pouvez décider de chauffer un peu l’égo de vos adversaires (tout en restant poli) avec des relances minimum qui finalement ne sont faites que pour pousser votre adversaire à faire une sur relance à son tour.

Puis viennent les joueurs que l’on appelle « Calling-station », ce genre de joueur ne s’engagera pas dans les coups trop chers sans un jeu monstre, mais restera sûrement dans les coups qui ne sont pas trop onéreux avec une petite paire ou un tirage, vous pourrez alors le traîner petit à petit jusqu’à la River avec des mises constantes. Par contre il ne sera pas rare qu’il se couche à la river refusant de payer votre mise, c’est une des différences avec le joueur agressif qui lui est curieux et voudra voir votre jeu et paiera même en sachant qu’il est perdant.

Dans la prochaine partie nous aborderons l’importance d’avoir une idée des tapis de vos adversaires, de ne pas trop jouer la comédie, l’avantage de laisser diriger le coup par votre adversaire et pour fini être ou ne pas être gentleman.

D’ici là bon vent et bon jeu.